mercredi 7 mars 2012

La Forget List


La Fashion Week 2012 quitte la vie parisienne. Voici cette dernière voguant vers un retour à sa douce monotonie. En guise de transition, je vous propose une dernière folie : la « Forget List » (la liste cauchemar). En principe, on élabore, fous de fantasmes tels des gosses au pied du sapin, une « wish list » d’objets de rêve. Tellement ennuyeux ! J’ai donc décidé de prendre le contre-pied de cette tradition marketale, histoire de rendre l’exercice amusant (et d’élargir mon cercle d’amis dans le Luxe, cela va de soi). 
1. La J12 blanche de Chanel
La Chrono en céramique sent le plastique à plein nez ! Pourtant la montre a été créée par un homme fort talentueux, Jacques Helleu, qui a d’ailleurs introduit la marque dans l’univers de l’horlogerie. Fin connaisseur de l’esprit Chanel pour y avoir travaillé pendant plusieurs décennies, il a voulu une montre à la fois sportive et innovante. Mais, la J12 blanche fait ultra toc. Et jure avec le principe même de féminité, ainsi qu’avec l’ensemble d’une garde-robe. Qui se l’arrache ? Les wannabe fashionistas en mal de goût. Si dommage ! Alors que Chanel propose des sacs, des tailleurs et des sautoirs si fabuleux… Préférez plutôt une belle montre en plastique véritable. Nixon en fait de très jolies.
2. Les montres Rolex
La marque souffrait déjà d’un manque de hype certainement lié à l’excès de son succès auprès d’hommes trop « gourmette-chewing gum ».  Et Jacques Séguéla s’est chargé de lui offrir une seconde jeunesse de vulgarité, avec son célèbre « si à 50 ans, on n’a pas une Rolex, on a raté sa vie. » Un côté bling-bling pas vraiment attrayant qui donne envie de ne pas « réussir » notre vie pour éviter la Rolex à tout prix. On préfère de loin une Reverso de Jeager-LeCoultre au poignet d’un homme !
3. La Trinity de Cartier
La marque aux deux C entrelacés s’est rendue accessible grâce à la bague aux trois anneaux et aux trois ors (rose, jaune, gris). Très accessible, trop accessible. Hommage à l’Art déco à l’origine, la Trinity est devenue une déco fade à la main de femmes en mal de séances d’UV. Quitte à porter un classique de Cartier, on opte plutôt pour la Panthère, voyante certes, mais infiniment plus racée. Pour des femmes avec une vraie personnalité !
4. La French Manucure sur ongles carrés et si possibles, longs
Véritables prolongement de la féminité, mains soignées et jolis ongles sont de rigueur. La french manucure (vernis blanc en bout d’ongle, vernis chair sur l’ensemble de l’ongle, couche fixateur brillante) sur ongles carrés et longs donne l’effet inverse de celui escompté. Exit donc l’effet propre et naturel de la "french", on se retrouve face à une femme armée, prête à griffer et surtout qui ne connaît pas cette invention si moderne qu’on appelle « paire de ciseaux ». La méthode est en revanche à adopter sur des ongles courts et arrondis.
5. Le Monogramme vernis de Louis Vuitton
Impossible à porter. Le côté aveuglant et « je détourne vite le regard » est certainement dû au cumul des mandats « lourdeur du monogramme » et « brillance en overdose ». C’est comment dire, un peu comme un gloubiboulga à la choucroute.  L’aspect sac en plastique Monoprix donne des envies fulgurantes de minimalisme. Une petite pochette noire peut-être ?
6. Une (mauvaise) copie d’artiste qu’on aime tant
Avoir l’inspiration et créer un concept d’art, ça vient de loin, ça vient du tréfonds de l’âme, avec une belle marge de conviction. A priori, c’est cela qu’on aime dans l’art. Alors quand un mariole se pointe avec une copie, et en plus non conforme, et ses kilos d’espoirs de grande rentabilité, on a qu’une envie : lui botter le derrière et l’expédier au-delà de la stratosphère. Si ce n’est pas un « tribute » (hommage) de sa part, ça devient un « tu me buttes ? ». Les exemples sont multiples (voir photo ci-dessous). Prenons-en un, celui de cette insupportable peintre qui tente de voler la légendaire sculpture du LostDog, le chien perdu d’Aurèle dont l’histoire nous a tant touchée depuis sa naissance à NYC dans les années 80. Au jeu des 7 erreurs entre original et copie, on trouve notamment le manque d’âme de l’intrus, des yeux de veau et des trous de nez plus dangereux qu’une saison de Secret Story pour le cerveau humain. Que diable Arietti (l’auteur du monstre), achète-toi donc une idée au lieu de la voler ! Et surtout, continue à peindre, ça nous fera des vacances.
7. Le film franchement raté d’un livre qu’on a dévoré
Avoir tant de talent et venir se gâcher contre une pellicule de film, si c'est pas malheureux. En tout cas, cest tout l’art de Frédéric Beigbeder. Non content de nous avoir offert de merveilleuses pages pour L’amour dure trois ans, le publiciste nous jette au visage un long métrage insensé, ni drôle ni rien, même pas mi-figue mi-raisin, avec une fin tragique de ridicule, et dont on ressort vide et hagard. Pourquoi nous infliger tant de douleur alors qu’on s’est pacsé à la littérature de Beigbeder depuis cet ouvrage qui nous a ému et amusé ? #Enviededivorcelittéraire. Gens, sortez vos piquets, on demande à être remboursés.
8. La Bugatti Veyron
Elle est belle, certes, la Bugatti Veyron. Après tout, c’est une Bugatti. Alors on a presque envie de s’incliner et de céder au rêve de la garer dans son parking à la place de sa Renault d’occase. Mais non. Crions plutôt: « Bugatti, ne vois-tu pas les yeux de ta chère planète pleins de larmes ? » En effet, après enquête de l’Agence de la Proctection pour l’Environnement américaine, la Veyron a été désignée comme le voiture la plus polluante au monde en 2010. Elle peut donc s’enorgueillir d'avoir décroché la palme loin devant ses copines bien sexy mais polluantes ( Dodge Viper, Bentley Continental GTC, Rolls Royce Drophead). Remercions Bugatti de n’en avoir créées que quelques centaines d’exemplaires. Mais comment faire comprendre à la marque que nous sommes désormais en pleine ère green ?
9. La Nike Air Jordan 
Et surtout la 11 Retro Concord. Mourir pour un paire de baskets ? Même pas en rêve. Une basket capable de générer des émeutes et de tuer des individus ne peut que finir à la benne. Surtout si elle est à l’effigie de Michael Jordan, héros du basketball entre tous ! La coolitude légendaire du « jumpman » en prend un coup.
10. La phrase esthétique ridicule
Tu aimes l’acide hyaluronique ? Assume ! Exit la phrase qui fait rire tout le monde « je sors de chez le dentiste » alors que tu as les lèvres gonflées comme des pneus Goodyear tout droits sorti de la chaîne de production. Ou une bouche totalement inexpressive et ton sourire inexistant. Tu te la joues Emmanuelle Béart avouant, 15 ans  trop tard, avoir touché à la chirurgie esthétique pour ses lèvres, mais c’est ridicule. Autant éviter de toucher à ta bouche parce que le résultat vulvaire est souvent laid ou alors il faut carrément assumer… parce que lis bien ces mots : ça se voit ! "Coin, Coin" #ducklips.

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