lundi 25 juin 2012

Pop'pea : l'incroyable épopée de Poppée !

Attention carambolage. STOP.  Début juin, l'opéra est entrée en collision avec la comédie musicale et le genre pop rock. STOP. Aucune victime ne fut à déplorer sur la scène du théâtre du Châtelet à Paris lors de l'adaptation moderne de la célèbre Poppea de Claudio Monteverdi. STOP. Au volant, Benjamin Biolay, encore plus sexy que d'habitude (so so sexy) moulé dans un ensemble en cuir genre rider sauvage, version masculine de "je n'ai besoin de personne en Harley Davidson"... campant Othon, l'amant abandonné par Poppée au profit de Néron. Avec une voix claire et mec qui n'était pas pour me déplaire. STOP. Carl Barât en Néron rock/destroy ( avec cassage de guitare en règle) et Valérie Gabail en Poppea lyrique ultra sexy autant que prédatrice. Mention spéciale à ses tenues très "gaga style", extravagantes et suaves. STOP. Mention spéciale aux costumes signés Nicola Formichetti (styliste de Lady Gaga/Directeur créatif de Thierry Mugler/DA de Uniqlo...), bref le couteau suisse de la mode que le monde s'arrache. Et à l'équipe costumes de Nicola Formichetti featuring Olivier Bobin, aux mains talentueuses et expertes ! STOP. Grosse impression de la performance de Peter Howard, à la batterie et direction musicale du spectacle, ex batteur des Clash (sang punk mêlé à l'opéra-pop-rock-comédie musicale). STOP. Amusée par le kitsch des tableaux parés d'une retransmission 3D avec incrustation live des perfomeurs via un fond bleu : une performance novatrice pour cet objet à part. STOP. Mention spéciale à Pierrick Sorin, spécialiste du théâtre optique (voir le personnage courant sur un mange disque et autres micro animations). STOP. Marc Almond (Soft Cell) en Sénèque prétentieux jetant aux oubliettes son stoïcisme présumé. STOP.  Création mondiale audacieuse dépeignant les affres de l'âme humaine entre gâteaux à la fraise et planche à repasser au premier plan transformée en bateau de fortune dans l'incrustation vidéo. Trop sucré ? STOP. Pop'pea... L’adaptation la plus évidente de l'opéra à l'ère contemporaine. L'originale étant elle-même un spectacle en rupture avec l'opéra "classique" qui mettait en scène des sujets mythologiques. Pop'pea s'attarde sur la noirceur et la folie de personnages historiques, tous pris entre passion et quête du pouvoir, au détriment de la Vertu. STOP. Adaptation électrique et iconoclaste pour un opéra "pimpé" à la sauce 2012 ! Idéal pour les amateurs d'extravagances et grande oeuvre pour la réconciliation des réfractaires à l'un des genres sus mentionnés. STOP. A guetter sur France Télévisions et Orange 3D prochainement. STOP.

Opéra remixée : L’incoronazione di Poppea de Claudio Monteverdi, 1642.

Théâtre du Châtelet : du 29 mai au 7 juin 2012.
Dramaturgie : Ian Burton
Compositeur : Michael Torke
Mise en scène : Giorgio Barberio Corsetti et Pierrick Sorin

Une vingtaine de titres interprétés.

Acte I : 1h05mn
Entracte : 20mn
Acte II : 35mn

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