vendredi 30 novembre 2012

Florian Wernert réinvente le soulier masculin

Hommes, réveillez-vous : il y a du nouveau sur votre planète ! Regardez bien vos pieds et demandez-vous s'ils ont bien ce qu'il méritent. 
Sinon, voici une autre option : Florian Wernert

Florian Wernert invente des chaussures pour l'homme. 

Nous étions copains en cours d'histoire de l'art, lui, Frédéric Deverchère, son cher associé et moi. Depuis, nous avons tous parcouru notre chemin, forcément, et nous nous retrouvons dans le monde de la création. 

Parce qu'il a du talent, j'ai choisi de vous présenter Florian et son art de chausser l'homme. 
Et aussi de vous donner un super bon plan : les soldes privées du créateur avec de jolies paires de chaussures à shopper pour Noël ou juste pour le plaisir !
Florian Wernert et ses sneakers

Depuis quand créez-vous des chaussures ?

Fondamentalement, je dessine des chaussures depuis plus de dix ans. 
Ce qui était un loisir, une lubie personnelle s'est mue progressivement en désir professionnel. 
C'est en 2008, en intégrant l'Institut Colbert, que je suis passé à la réalisation (dessin sur forme, patronage, assemblage...). En 2011, je lançais ma marque avec mon associé Frédéric Deverchère.

Pourquoi avoir choisi la création masculine ?

La mode masculine a été une révélation créative. 
A la fin des années 90, la mode masculine s'est mise à fortement évoluer, moult créateurs spécialisés dans ce domaine sont apparus comme Xavier Delcour, Sébastien Meunier, José Lévy, Aziz, et bien sur Hedi Slimane qui arrivait chez YSL rive Gauche Homme.

J'avais 18-19ans, ça me fascinait. 

Il y avait soudainement à Paris une très forte émulation créative dans le domaine du masculin, beaucoup de magazines de mode pointus et uniquement dédiés à l'homme sont apparus comme Arena Homme +, Upstreet Magazine, Numéro Homme... à ce moment, j'ai totalement adhéré et en tant qu'homme je me sentais directement concerné. Je l'ai tellement été que j'ai fini par réaliser mon mémoire de DEA d'histoire de l'Art sur l'expérimentation dans la mode masculine contemporaine.

Et bien sûr, pourquoi les chaussures plutôt que la maroquinerie ou le vêtement, auriez-vous un penchant fétichiste ? 

C'est drôle, fétichiste sans doute un peu, mais surtout obsédé !

Ce qui me passionne dans la chaussure c'est qu'elle est totalement à part dans l'univers de la mode de part sa construction, nécessairement en volume, ses contraintes techniques beaucoup plus importantes, car il s'agit de ne pas blesser le pied, ne pas abîmer le dos... tout en apportant une réflexion sur l'allure, car la chaussure conditionne d'emblée la démarche d'une personne, suivant la hauteur de talon, le type de "semellage", la forme de la chaussure, qu'il s'agisse d'un bout arrondi ou pointu, vous ne marcherez pas de la même façon.

Enfin et surtout, les chaussures sont le début ou la fin d'une silhouette, lorsque l'on regarde quelqu'un dans la rue, le mouvement rétinien se fait de bas en haut ou de haut en bas. Je considère que la chaussure n'a rien d'accessoire car pour marcher elle est dans notre monde devenue obligatoire pour se protéger les pieds, de cette fonction utilitaire essentielle il s'agit ensuite d'apporter du style, de l'élégance.  

A mon sens, les chaussures donnent le ton à une silhouette... malheureusement, beaucoup de personnes  l'oublient et malgré de jolis vêtements, ils auront au pieds des chaussures mal entretenues, trop négligées... et cela ruine un look... curieusement, l'inverse est très chic... de sublime chaussures portées avec des vêtements négligés est pour moi le comble du chic...

Qu'est-ce que vos souliers ont de si particulier ?

Je crois que ce qui plait aux hommes dans mon travail, c'est que je dessine des souliers aux lignes à la fois très actuelles et en même temps totalement intemporelles. il y a les jeux de contrastes matières et couleurs, tout en subtilité, que les hommes perçoivent mais ne voient pas tout de suite... ils aiment tel modèle sans mettre les mots dessus, c'est à rebours, à l'usage qu'ils se rendent compte qu'il y a une légère asymétrie, qu'il y a deux types de cuirs différents... et enfin et c'est très important pour moi, mes chaussures plaisent aussi pour leur confort. 

Allier style et bon chaussant est l'équation essentielle.

De quoi vous inspirez-vous pour créer ?

Les années 30 et 50 sont pour moi des sources inépuisables d'inspiration. 

Des mouvements artistiques fondateurs sont nés à ces deux époques, le Bauhaus restant pour moi la référence majeure tant stylistiquement qu'intellectuellement. 

A côté de cela, je reste ancré dans mon époque, j'observe énormément, cours les galeries d'art contemporain... mes études universitaires y sont certainement pour quelques choses.

Et puis il y a ma ville, Paris et ces habitants qui m'inspirent au quotidien, leur allure faussement désinvolte mais toujours très pensée. Je crée des chaussures en pensant aux hommes, aux parisiens du monde entier...

Votre soulier masculin idéal ?

Je crois que mon soulier idéal est celui qui correspond à l'envie du jour... ça tombe bien car dans mon dressing, ma collection de chaussures peut répondre à pas mal d'envies différentes...

Racontez-moi l'histoire de votre première sneaker, devenue désormais un classique de la marque.

C'est un modèle que j'ai dessiné dès la première collection. J'avais envie d'une basket très urbaine, très confortable, et en même temps graphique, chic  construite avec de très beaux cuirs, de belle couleurs... 

J'ai mélangé plein de choses, la construction mocassin pour le plateau/languette, le contrefort à tirette des chaussures de travail et puis il y a le zigzag sur le coté qui est un accident au départ, un coup de marqueur hasardeux mais heureux qui a donné naissance à cet empiècement à la fois très graphique mais tout en rondeur... 

Depuis, chaque saison elle est plébiscitée par les distributeurs de la marque, alors je renouvelle ce modèle en proposant de nouveaux mélanges couleurs et matières... ce sont finalement nos clients qui en ont fait un "classique".

Quelques mots sur la prochaine collection ?

Pour l'automne-Hiver 2013-14, je me suis inspiré de l'élégance et du raffinement des personnages de F. Scott Fitzgerald pour une collection tout en contrastes subtils aux volumes parfaitement dessinés et structurés pour mieux mettre en valeur les jeux de matières et couleurs. 

Les veaux imprimés croco côtoient les calfs lisses et les veaux velours pour apporter du reliefs aux ton sur ton, tandis que les veaux glacés donnent une brillance discrète pour une touche ultra contemporaine. 

C'est une collection qui sera à la fois simple et luxeuse, moderne et légèrement rétro.

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