mardi 18 décembre 2012

Death Is a Star par Agnès Michaux et Anton Lenoir

- "Toc ! Toc ! Toc ! Ici la mort !"
- "Mais bon sang vous venez trop tôt ! On vous attendait pour le 21 décembre..."

Pendant que la mort, trop tôt venue, s'en va dans les bois dans l'attente de la fin du monde, prévue dans le calendrier Maya ce 21 décembre 2012, chacun se demande ce qu'il peut bien faire de ces derniers jours. Normal.

Et puisqu'il faut toujours être plus proche de ses ennemis que de ses amis nous dit le dicton, je propose de la fréquenter en littérature avec Death Is a Star, l'ouvrage signé Agnès Michaux et Anton Lenoir.

Ils s'attaquent à elle avec audace et amusement comme le montre l'interview.
 

Pourquoi avoir invité la mort à votre table littéraire ?

Anton : Par provocation, par jeu et par courtoisie. Parce qu’il vaut mieux prévenir que guérir !
Agnès : Pour ne pas être treize à table… Et surtout pour entrer dans le club très select des livres avec le mot « mort » dans le titre !

Comment l'idée est-elle venue et à quel moment l'avez-vous prise au sérieux ?


Anton : Un matin, tôt, sur le chemin de la Bibliothèque Mazarine, en s’amusant des morts extravagantes des stars d’Hollywood. Et puis, le titre des Clash s’est invité dans la conversation, cet étrange morceau lancinant qui clôture en quelque sorte la carrière du groupe. Là, ça a été la révélation : pas la mort des stars, mais la mort en tant que star. « Death Is a Star » était né. On s’est arrêté dans un café, on a pris des notes. Agnès a lancé ce qui est devenu le bandeau : « la Mort, sa vie, son œuvre ». J’ai fait la couv’ l’après-midi. Après, on a lu (beaucoup), cherché, épluché, comparé, visionné, fait des listes, essentiellement à partir de notre bibliothèque, de nos disques et de nos films.

Quelles contraintes vous êtes-vous données pour construire cet ouvrage ?



Anton : Aucune si ce n’est celle de nos goûts. On a traité des sujets qui nous touchent, nous intéressent et nous amusent. 
Agnès : Le plus important, c’était de ne jamais tomber dans le glauque ou le morbide. De s’amuser avec la mort, ce qui n’empêche pas la profondeur. D’éviter les marronniers, de raconter des histoires passionnantes, comme celle de la Morgue de Paris. 
Anton : Rimbaud côtoie Rambo, Jean-Luc Godard fait la nique à l’Amérique (Dead In USA), Burroughs joue à Guillaume Tell pendant que Hunter S. Thompson se fait « canoniser ». Dans les playlists que nous proposons (des chansons avec « mort » dans le titre, bien sûr !), il y a ce que nous aimons écouter – les Smiths, les Pixies, Joy Division et j’en passe. 
Agnès : Un livre rock, quoi !
Anton : Parce qu’il se joue de la mort, comme à 15 ans quand tu portes un t-shirt avec une tête de mort sous les yeux désolés de tes parents. 
Agnès : On voulait absolument que le livre soit illustré. 
Anton : Alors on a collectionné des centaines d’images de films, de groupes, d’écrivains, d’artistes…
Agnès : … des gravures aussi et des comics des années 50. 
Agnès et Anton : Le livre s’est construit en temps réel. Le jour, on cherchait, on écrivait. La nuit, on montait, comme un film expérimental, en collant des scènes les unes avec les autres, en plaquant des images, des photos, en jouant avec les titres, comme un immense cadavre exquis.
Côté éditeur, Flammarion a tout de suite joué le jeu et nous a laissés carte blanche. Au départ, le livre devait faire 300 pages, il en fait finalement plus de 420…

Comment ressortez-vous de ce tête à tête à trois avec la mort ?


Agnès et Anton : Vivants et en bonne santé. Pas d’effet « The Ring » à signaler…

Qu'est-ce qui a changé pour vous ?

Agnès et Anton : Maintenant, on connaît l’étymologie du mot corbillard et on a le plus beau tumblr de la mort du monde ! (deathisastar.tumblr.com)

Une petite épitaphe avant de partir ?


Anton : Pour moi, peut-être un « Ceci n’est pas une tombe ». Mais celle de Peter Ustinov : « Pelouse interdite » reste un must.
Agnès : Moi, je tenterais bien un « I’ll be back ». Ou un faux nom, genre « Jim Morrison », pour être sûre d’avoir du monde.



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