mercredi 28 mars 2012

LUXOTTICA SOLAIRES ET LUNETTES DE VUE F/W 2012

Pour sa présentation presse, Luxottica, le groupe italien leader de lunettes ( luxe et sportswear), avait vu grand (sans jeu de mots) et conviait les journalistes dans un lieu très spacieux de la rue richelieu à Paris. L'entrée était agrémentée d'un photomaton aux couleurs de la marque, pour celles et ceux qui désiraient repartir avec un souvenir des lunettes de leurs rêves, celles-là même qu'ils s'offriront dès leur sortie en boutique, cet été. A cette occasion, la star de l'espace accueil était bien entendu l'oeil. Ainsi, on avait pensé à aménager le lieu de ce qui nourrit bien la vue : des fruits et des légumes. Le tout avec un bar à jus. Miam ! Une dégustation de smoothie plus tard, on ne perdait pas pour autant de vue les objectifs de la visite : trouver LA paire de lunette idéale pour soi, et bien sûr, repérer les tendances de la saison à venir. Les marques présentées fleurissaient de-ci de-là : Chanel, Ray-Ban, Miu Miu, Ralph Lauren, Versace, Oakley, Dolce e Gabbana... Et des lunettes par milliers m'appelaient. Alors, je les ai (presque) toutes essayées dans l'unique but de vous aider à choisir vos futures solaires ou lunettes de vue, cela va de soi. Qui, quoi mauvaise foi ?
Comme vous le voyez, l'une des tendances à venir est la couleur. Elle est vive, elle est rebelle, elle est dans tous ses états, et on l'assume (ou pas). En voici quelques exemples chez Ralph Lauren et Oakley.
Dans les tendances, on n'oublie pas de garder un regard revolver avec des solaires miroirs que toi tu ne vois pas que je te mate à mort avec mon oeil perçant. Et sinon, call me Philippe Manoeure.
 Si toi aimer le Total Look, toi rêver de porter les solaires de Chanel qui te rappelleront tellement ton sac fétiche entre tous : le Timeless. Et vive la rue Cambon !
Tes amis font des bébés ? Toi aussi laisse s'exprimer ton côté dragée rose, dragée bleue. Finalement le look "layette", ça déchire tellement c'est grave cool. Et c'est signé Dolce e Gabbana. Reste à inventer le groupe de musique qui ira avec. Euh, je ne sais pas : les Bébés Brunes ? 
Miu Miu joue les stars retro avec des lunettes méga size à montures osées, tantôt métalliques, tantôt blanches. Et ça marche !
 Versace. Je vous vois venir tous là. C'est mon côté Lady Gaga ? Alors oui, à défaut de porter un body de bandelettes de cuir piqué de soleils dorés, j'ai plutôt opté pour un masque. Personnellement, à la dorure ou à la méduse, je préfère le motif camo des solaires hommes (les dernières que j'ai essayées). Et vous ?
Last but not least, les Ray-Ban ! Avec une autre tendance qu'on adopte immédiatement : la solaire pliable. D'autres marques se prêtent également au jeu. Mais c'est tellement intelligent qu'on se demande pourquoi avoir attendu si longtemps. Et puis avec les ballerines pliables, c'est notre côté "origami" qui veut vivre non ?
Voilà, j'ai bien joué à la Pretty Woman de la lunette et maintenant je ne sais plus quoi choisir ! Une solaire rose pliable avec verres en mirroir ?

dimanche 25 mars 2012

Jérôme Attal : L'Histoire de France racontée aux extra-terrestres


Le nouveau livre de Jérôme Attal est tombé de par-delà la stratosphère pour atterrir entre mes mains tel un scoop : les extra- terrestres existent bien ! Si, si, puisque le narrateur du roman leur conte l’histoire de notre beau pays, à sa façon… Suite à une rupture amoureuse, ce dernier se retrouve sur la planète Zyproxia où les habitants, vivant éternellement dans le présent, ne connaissent ni les souvenirs, ni l’imagination. Or, les plus jeunes des Zyproxiens attendent chaque soir une histoire avant de s’abandonner aux bras de Morphée. Détenteur d’une pléiade d’histoires à conter, celles de l’Histoire de France, le narrateur est donc accueilli en héros. Plus fort que X-Or, il s’en donne à cœur joie. Et en profite pour réinventer à sa guise les épisodes de la grande Histoire en 32 chapitres. Nous voilà embarqués en voiture avec Danton et Robespierre, ou en quête du Vase de Soissons made in China, ou espionnant Louis XIV qui fredonne I’ll Be Your Mirror au milieu de la galerie des glaces, ou encore propulsés  au coeur d’échanges en François Mitterand et Andy Warhol.  Le tout, entre deux parties de tennis dont les balles ne sont autres que des météorites ! Ce mélange de faits réels et d’envolées surréalistes, autant qu’anachroniques, donne un récit drôle, décoiffant, inopiné, poétique. Un Ovni précieux et délicieux à lire ! C’est pourquoi, j’ai décidé de poser quelques questions à Jérôme Attal, célèbre pour les chansons qu’il a écrites pour Johnny Hallyday et Eddy Mitchell... Et pour ces précédents ouvrages dont, entre autres, Pagaille Monstre, Le garçon qui dessinait des soleils noirs et Le Journal Fictif d’Andy Warhol, qui m’a valu plusieurs crises de fou rire un été en vacances. Et que toute la famille s’est empressée de dévorer (je le sais car ne trouvant plus le livre, je suivais sa trace en pistant les éclats de rire issus des différentes pièces de la maison). Pour l’heure, voici l’interview « out of space » de Jérôme Attal. Attention décollage immédiat !
Jerome Attal
 
Vous qui côtoyez les extra-terrestres, pouvez-vous nous dire à quoi ils ressemblent et ce qu'ils mangent ?
Ils ressemblent aux plages qui donnent sur vos rêves, ils sont gaulés (histoire de France oblige) comme les chansons des Beatles ou de Frank Sinatra. Ils ressemblent aussi à la plus belle image que vous vous faites d’eux quand vous êtes sereine avec vous-même. Ils dévorent de belles histoires, des romans de chevalerie, du temps pour rien qu’ils recrachent en quelque chose d’habitable et de beau ; des spécialités de guimauves en étoiles filantes recouvertes de chocolat, la constellation du bélier qu’ils se font rôtir à la broche, des pots de crème glacée bien crémeuse qu’on appelle chez eux : « Tombeaux de nymphettes », et, quand il leur reste encore un petit creux, une part de tarte aux pommes.
Zyproxia, leur planète, c'est chouette on dirait. Que dois-je mettre dans ma valise pour séjourner là-bas (plutôt des moonboots pour rebondir ou des solaires pour protéger mes yeux des deux lunes) ?
Le mieux, c’est de venir habillée en princesse. Avec tout ce qui leur a été raconté sur l’histoire de France, ils s’attendent à vous voir débarquer en princesse. Et puis, leurs banlieues sont un éternel samedi soir.
Les Zyproxiens sont aussi fans d'histoires que le terrien qui leur conte l'Histoire de France touche à l'approximation de la discipline, alors... quel passé pour notre futur ?
Je répondrai par cette phrase de Jean Cocteau : « La mythologie ce sont des mensonges qui deviennent des vérités, et l’histoire ce sont des vérités qui deviennent des mensonges ». Le poète aux mains incandescentes ajoute : « Et quand vous vous souviendrez de moi, ce sera sous une forme mythologique. »
Vous qui, en revanche, connaissez bien l'histoire de France, comment décrivez-vous/définissez-vous "l'attaque par le flan" ?
Au début des années 80, l’histoire de France était une bande d’écoliers du cours élémentaire André Marsault à la Garenne-Colombes. Avec les copains, on avait regardé un super documentaire sur la technique militaire de l’attaque par le flanc. Alors nous, ce qu’on avait décidé, c’était de faire le siège de la boulangerie de la maman de Mirabelle Fenêtre, qui nous donnait toujours des supers chouquettes pour les goûters d’anniversaire, et de réaliser la première attaque d’un flan par le flanc. Le déroulement et l’issue de cette bataille épique se trouvent bien entendu dans le roman.
Ce qui est bien avec ce livre, c'est aussi le fait de réaliser des découvertes étymologiques. On apprend notamment d'où vient le nom de la salade César. Voulez-vous bien nous le rappeler ?
Ah, c’est une des choses importantes qu’on apprend dans le livre. Dans la même veine d’Attila, le chef des Huns, qui passait le plus clair de son temps à cheval, du matin au soir, déjeuners compris, et qui, de fait, inventa le steak tartare au détriment de sa propre monture.
Pourquoi les Zyproxiens sont-ils toujours de si bonne humeur et pourraient-ils cohabiter avec un parisien ?
Personne ne peut cohabiter avec un parisien, voilà pourquoi les célibataires sont légions et les loyers si exorbitants, ne pensez-vous pas ?
Que retenez-vous de toute cette aventure ?
La silhouette et le sourire d’Inkiétude, la plus jolie extra-terrestre qu’il m’ait été donné de rencontrer de mon vivant.
Et Dieu sait si sur terre j’ai connu quelquefois des filles un peu extra-terrestres…
Est-ce que vous avez rencontré l'auteur de L'histoire de France racontée aux extra-terrestres ? Il est sympa ?
Oui, il est très sympa. Parfois, il peut rentrer d’une traversée de la ville complètement bouleversé par une scène, une silhouette ou un visage. Mais il essaye de s’en sortir. En écrivant.

L'Histoire de France racontée aux extra-terrestres, par Jérôme Attal. Editions : Stéphane Million éditeur. 208 p.  Prix : 18€ 


mardi 20 mars 2012

Le printemps c'est top !

Des mois que je louche sur ce top ! Je l'ai découvert lors du défilé printemps été 2012 d'agnès b et je l'ai immortalisé. Voici un top bon esprit et qui l'affiche carrément. Il s'agirait du fruit d'une collab entre agnès b. et l'artiste suédois Mr Puppet, a.k.a  Daniél Puppet Blomqvist, que la créatrice-mécène a accueilli pour une exposition rue quincampoix l'hiver denier. Agnès est tombée sur un graff de Puppet à Brooklyn en 2011 et l'a contacté grâce à l'adresse qu'il mentionnait sur la peinture. Il existe aussi une cape façon superhéros urbain signée du même artiste dans cette collection que j'ai attendue, attendue... la voici en boutique. Décidément, le printemps, c'est tellement cool!

dimanche 18 mars 2012

Leïla Sy, Kery James et Lettre À La République


Il était une fois Leïla Dixmier, a.k.a Leïla Sy, directrice artistique et réalisatrice, notamment pour le rappeur français Kery James. 2009, quelque part tout près de Paris... Une silhouette gracieuse telle une princesse Peule se déploie sur le plateau du tournage du clip de Je Représente de Kery James, auquel j’ai eu le plaisir d’être invitée. Attentive, efficace, généreuse, elle force le respect. C’est le souvenir pro, millésimé 2009, que je garde de la talentueuse Leïla Sy qui jongle comme personne entre une vie artistique épanouissante et une vie familiale intense… et qui, tenez-vous le pour dit, nous livrera dans les années à venir quelques pépites d’or de sa mine secrète, planquée entre matière grise et palpitant. Pour l’heure, nous revenons sur sa magnifique collab’ avec le rappeur que l’on disait -un peu vite- assagi et qui effectue un retour plein d’empoigne, avec  un titre fort, Lettre À La République. Et un clip magistral que Leïla co-réalise avec Mathieu Foucher, et qui a été vu 2 millions de fois en quelques jours ! 
Leila Dixmier Leila Sy
Depuis combien de temps êtes-vous DA pour Kery James ?
On a commencé à travailler ensemble sur À l’Ombre Du Show Business en 2008, son quatrième album. J’ai conçu des graphismes pour des tee-shirts et pris en charge la réalisation de la photo de l’album. Une relation de confiance s’est instaurée entre nous et j’ai réalisé mon tout premier clip Le Combat Continue Part III. J’ai opté pour une image très sombre, en noir et blanc avec un gros grain, évoquant le bitume. Ensuite, j’ai réalisé le clip de Banlieusards . Je suis partie de l’idée d’un hymne pour les jeunes des quartiers. J’ai utilisé un cadre comme révélateur de parcours de vie. Le résultat donne une galerie de portraits rythmée mettant en exergue des jeunes de quartiers avec une énergie positive qui se manifeste dans leur vie. Une belle aventure humaine !
Votre démarche artistique est également liée à vos convictions n’est-ce pas ?
Je suis amenée à travailler avec des artistes et sur des projets divers. Certains me touchent plus que d’autres. Kery James a mon entière confiance car je soutiens tout chez lui et notamment ses textes. Je pourrais dire qu’à certaines thématiques, on crée une réponse commune. Il me laisse entièrement libre. Je travaille beaucoup en symbiose avec ses textes tout en tâchant d’insérer une image avec un second niveau de lecture. Chaque projet nait d’une concertation, de discussions et de l’élaboration d’une pensée commune, et en toute liberté.
J’évoque votre engagement car vous êtes également fondatrice de Devoirs de mémoires, un collectif co-fondé avec Joey Starr, qui avait lancé un appel aux jeunes de banlieue afin qu’ils s’inscrivent sur les listes électorales dans le but de “ne pas reproduire le 21 avril 2002”. Pour vous, pas d’art sans engagement ?
J’ai la chance de faire un métier créatif. C’est parfois difficile car les projets sont inégaux… Mais je mets tout de moi quand je crée : mon savoir, mon bagage, mes observations, mes failles… Je suis franco-sénégalaise donc métisse, et j’ai grandi en France. Et dans mon métier, je cumule les mandats ! Je suis donc une femme dans un milieu a priori macho, et métisse. Tous ces éléments sont devenus une force. Je mets tout ce qui me constitue au service de mes idées. Je bâtis mon chemin professionnel ainsi. Je respecte trop les gens qui me donnent leur confiance lorsqu’ils me confient un projet pour ne pas être absolument entière avec eux en répondant à leurs attentes. Quand je réfléchis à un projet artistique, je lui suis fidèle tout en ayant à l'esprit des images capables d’insuffler des idées au public les recevant. C’est lorsque ces deux niveaux de lecture sont en place que je me sens pertinente. « Je définis mon travail comme l’image au service d’une idée ».
Pour en revenir à Kery James, comment cette collaboration qui dure depuis quelques années s’est-elle bâtie ?
Je suis tombée dans la culture hip hop très jeune via la danse et j’ai été conquise par ses valeurs inhérentes, notamment le partage, la convivialité, la générosité. Et la danse stricto sensus m’a donné un cadre. J’aimais aussi l’énergie de la culture en marge, une énergie à contre-courant et forte car naissante. Ensuite, j’ai étudié à Penninghen (école supérieure d’arts graphiques, design et archi d’intérieur, ndr). Et avec des amis on a lancé Track List, un magazine hip hop et on a repris la licence du magazine américain The Source. C’est dans les locaux de The Source que j’ai rencontré Kery James. Et un jour, j’ai été contactée par sa maison de disques. Après le tournage des premiers clips, travailler ensemble est devenu une évidence sur le principe de « on ne change pas une équipe qui gagne ». J’ai un attachement particulier à cet artiste lié au fait que notre collaboration a vu le jour à un moment trouble de ma vie. J’étais jeune maman donc je ne travaillais plus beaucoup. Mais il m’a donné sa confiance.
Quelle serait la trame du projet artistique que vous imaginez pour Kery James ?
Il y a systématiquement un concept fort, outre la production de l’artiste qui est déjà forte . L’idée n’est pas simplement d’illustrer ses propos mais d’apporter quelque chose de puissant par l’image également. Je m’impose cet exercice. J’explore des nouveaux codes d’expression visuelle, et ce, jamais de manière didactique ou gratuite. L’image porte un sens. Par exemple, pour Je Représente, tous les personnages présentés (dont moi :), ndr) évoluent sur un sillon de vinyle imaginé et, par leurs différences, représentent la France d’aujourd’hui. Le tout en stop motion (raffale d’images fixes créant le mouvement, ndr).
Quand on voit le clip du nouveau single de Kery James, Lettre À La République, on se demande d’où débarque ce superbe OVNI…
Kery James revient après deux ans et demi d’absence. Le clip est à l’image de nos retrouvailles. C’est un travail d’équipe comportant diverses inspirations avec une ligne directrice : la mise en lumière de la notion de monument. La République, qui érige des statues de bronze, décide desquels de ses enfants serviront d’exemples aux générations futures. Je voulais incarner des statues plus proches de la réalité à la fois de l’artiste et de la réalité de la France. C’était un exercice périlleux car l’image est frontale et incisive, à l’instar du texte. Le tout en pleine période électorale. Je ne voulais pas créer d’antécédent communautaire mais que le propos touche de manière universelle. « Le vrai débat est celui de la France et de tous ses enfants ».
Avec Mathieu Fouchet avec qui je co-réalise le clip, nous avons eu envie d’aller vers une image poétique, tout en conservant le côté « rue » du hip hop. Avec le fond noir on conserve un aspect brut et l’on utilise des symboles forts pour l’aspect poétique. Les problématiques de ce titre sont l’insertion, la discrimination, la difficulté qu’ont certains à se sentir français alors qu’ils le sont. La solution passe par le savoir et l’histoire ce que Kery James exprime parfaitement. Dans le clip, il n’y a ni blancs, ni noirs, mais des gens à la peau cuivrée, telles des statues.
Justement, d’où vient l’idée des personnages cuivrés ?
Entre le cuivre et moi, c’est une grande histoire d’amour ! A Penninghen, j’ai travaillé sur des personnages à la peau cuivrée pour ma thèse. J’ai recréé une civilisation dont les individus avaient la peau cuivrée et les yeux très noirs, à l’instar des insectes. Et puis avant le tournage, j’ai découvert des artistes ayant eu la même obsession, notamment grâce au manager de Kery James.
Concernent la peau cuivrée toujours, le résultat est très étonnant, comment ces personnages ont-ils vus le jour ?
On a travaillé sur des personnages symboliques de la société. Dans cette galerie de portraits, on trouve le Kery Guerrier, une Marianne République, un homme costumé incarnant la bête (l’argent), l’enfant masqué représente la violence d’être un enfant qui grandit dans un quartier difficile, la ménagère avec son caddie est en pendant de la sans-abri qui pousse le sien.
Et plus concrètement ?
Il y a eu un gros travail de make-up réalisé par Jabe avec qui je travaille toujours car c’est un artiste brillant. Pour obtenir ce rendu, il a travaillé sur la matière et a créé des aspérités. La base est foncée mais la peau n’est pas traitée de manière uniforme bien sûr. Jabe a redessiné les lumières en touches avec une poudre cuivrée brillante. Il faut également souligner un excellent travail de lumière dirigé par Madhi Lepart, le chef op, qui avait comme direction de « décrocher » les personnages du fond. La lumière qu’il a produite est somptueuse. Ce qui étonne aussi, c’est le rendu vestimentaire des personnages. Les costumes sont enduits de cuivre. L’équipe de style dirigée par Yasmine Akkaz et l’équipe déco de Joffray Simon et Alain Juteau. Je voulais vraiment un rendu avec des plis et une matière figée à la manière des statues classiques. Mathieu Foucher qui co-réalise le clip a fait également un travail important pour l’aspect 3D. Chaque statue avait d’ailleurs sa propre composition. On a imaginé un univers 3D dans lequel des mouvements virtuels ont été recréés à l’intérieur de ces compos. C’est ainsi qu’on a construit la séquence de l’armée de Kery.
Cette séquence est d’ailleurs un clin d’œil à Michael Jackson qui prévoyait une image similaire pour sa tournée et que l’on voit dans This Is It.
Les gens voient des références multiples. On a également vu une évocation de Métropolis de Fritz Lang. Mais l’ensemble du clip est construit de façon à ce que le public retrouve des symboles issus de l’imaginaire collectif, et pas uniquement du hip hop.
Le clip a un succès fou, deux millions de vues en quelques jours. Alors heureuse ?
Le clip est né d’un vrai travail d’équipe. On a travaillé comme des dingues, on a souffert pour cette vidéo et on a haï nos ordis. On a même eu du retard… Kery James a refusé de sortir le titre sans le clip car la vidéo et le titre forment un tout. Voilà, on en a bavé mais c’était tous ensemble. Et surtout le travail est désormais récompensé par le succès du clip. 
Des projets pour l’avenir ?
Oui. Pour moi, créer c’est respirer. Je travaille depuis un an et demi, et même davantage, sur une fiction qui a comme base la culture hip hop justement. Mais ça, vous le savez déjà ! 

En tout cas, je vous quitte sur de sincères Félicitations ! A vous, à Kery James et à tout le crew du clip <3

Leila Sy - Showreel 2O12 from FullDawa Prod on Vimeo.
Cette vidéo concentre quelques unes des réalisations de Leïla Sy

samedi 17 mars 2012

DESIGUAL A VOS PIEDS !

C'est sur une table dressée que la marque espagnole Desigual a choisi de présenter sa toute première collection de chaussures à Paris dans son pop-up store à deux pas du marché Aligre dans le 11ème. Baptisée "New and Good", la collection de chaussures et accessoires reprend les célèbres patchwork si chers à la marque de casual wear. On n'oublie d'ailleurs pas la récente collab' avec Christian Lacroix ! Pour les chaussures, une équipe a planché un an sur ce lancement assez réussi à en juger l’afflux journalistique lors de la journée de présentation.

DESIGUAL "NEW AND GOOD" : First shoes collection
"Desigual a souhaité créer une collection fraîche et colorée, dans l'esprit de la marque", indique Adel Ghommid, Footwear Country Manager chez Desigual. Il m'explique que la collection s'oriente en trois temps : la journée, le travail et le soir. Ainsi, on trouve  aussi bien des tennis, des plagettes pour l'été ou des ballerines, que des chaussures à talons de 12 cm comme les compensées corde. Côté matières et imprimés, c'est le fondateur de la marque, Thomas Mayer qui les a choisis. Ils ont ensuite été déclinés de façon transversale, sur le prêt-à-porter, les accessoires et les chaussures. Personnellement, j'ai craqué sur deux modèles avec une base de marinière en tissu (présente sur de nombreux modèles) et des ajouts de peau retournée façon daim, ainsi qu'un talon de quelques centimètres. Une chaussure donc portable en journée comme un soirée. Le duo qui m'a séduite est donc constitué d'une paire de salomé orange et talon rose, ainsi qu'une paire de richelieu bleu et verte (idéale pour les filles qui portent souvent des jupes). J'ai longtemps hésité et comme je porte plutôt des slims, mon choix s'est finalement arrêté sur les salomé. D'ailleurs, je propose de les porter avec une vraie marinière pour révéler un peu plus celle des chaussures, plus discrète. C'est amusant justement de jouer sur le volume des lignes. Voyez ce que ça donne avec ma marinière Jean-Paul Gaultier, pas mal non ?

vendredi 16 mars 2012

Masque dermo hydratant et buriti : soins cheveux.


J'ai testé le masque dermo hydratant et un soin au buriti chez Jenny et Paola. Un salon où l'on bichonne le cheveu car ses spécialités sont les soins du cheveu et le lissage brésilien. Jenny et Paola, ce sont deux espaces de coiffure à Paris, l'un dans le 17ème rue des Dames, l'autre, nouveau, dans le quartier de Saint-Germain-des-Près, à deux pas de Notre-Dame, côté rive gauche. Aujourd'hui, je suis accueillie par Jenny, la maman de Paola, qui gère le nouvel espace. Un lieu spacieux qui court sur 160m2 avec une déco chaleureuse et naturelle, conçue à partir de matériaux comme le bois, le lin ou le béton. Le salon possède également un espace plus intime dédié à une personne souhaitant avoir un diagnostic cheveux ou un coiffage spécial pour une soirée ou un mariage. Jenny, m'explique avec son petit accent colombien si charmant qu'elle utilise uniquement des produits sans ammoniaque. "Je sélectionne des produits du monde entier à base d'ingrédients naturels tels que des protéines de soins, l'olive ou la carotte", ajoute-t-elle "pour avoir des cheveux sains et beaux, je propose des soins à base de kératine, de collagène, d'acides aminés ou des sérums aux extraits du fruit amazonien "buriti" qui joue très bien les antioxydants". Et même les couleurs sont à base de pigments naturels.
  En arrivant chez Jenny et Paola, j'avais le cheveu sec et terne, couleur oblige... Et ce, malgré les masques John Frieda pour les blondes que j'applique en quantité dramatique à chaque shampoing. Une ruine ! Jenny pose son nez sur ma belle chevelure cassante et jette un verdict implacable : il me faut un soin dermo actif à la kératine pour l'hydrater, la pauvre ! Le principe c'est que le masque s'active avec la chaleur et c'est donc pour cela que je me retrouve 20 minutes sous un chauffe-tête à la "Transformers". Après le soin, je passe au séchage. Jenny applique un peu de sérum au buriti . Je me dis "wahou trop délire le buriti", je ne sais même pas quelle tête a ce fruit (soit dit en passant, je craque sur la subtilité de son effluve). Je constate ensuite qu'en effet, l'oeil de la pro a vu juste ! Mes cheveux sont doux (ce qui n'est pas arrivé depuis ma coloration), légers, lisses et brillants. Limite effet pub ! Et surtout, je redécouvre l'éclat de ma couleur. Pas peu contente, je repars en sus avec une série de soins pour le cheveu, dont le fabuleux sérum au buriti, le tout de la marque brésilienne Marcia Teixeira, ma nouvelle amie.  Et là, je suis à deux doigt de retourner sur mes pas pour tester le balayage aux pigments naturels à l'argile, histoire de réactiver ma blondeur vénitienne. Sur les rives parisiennes...

Jenny et Paola
5 rue de Poissy
75005 Paris
Tel : 01 45 22 06 85

lundi 12 mars 2012

LOLA DEWAERE dans MINCE ALORS !

J’ai connu Lola Dewaere il y a plus de dix ans. Elle nourrissait déjà le désir de devenir comédienne, à l’instar son père Patrick Dewaere mais absolument pas dans une démarche répétitive assure-t-elle, et prenait des cours de théâtre.  Il lui aura fallu plus d’une décennie pour faire ses débuts au cinéma. Vous la verrez dès le 28 mars dans Mince Alors ! Un film choral signé Charlotte de Turckheim où la réalisatrice met en scène Lola aux côtés de Victoria Abril et Catherine Hosmalin. C’est avec beaucoup de plaisir que j’ai rencontré Lola pour évoquer le film, ses failles, ses forces et tout simplement pour vous la présenter. La trentaine radieuse, elle se livre sans détour, avec beaucoup de spontanéité. Découvrez-la, elle est irrésistible, touchante et belle à l’extérieur comme à l’intérieur. Une comédienne douée et une fille exquise !
Lola Dewaere poids taille
Le film campe trois femmes plus ou moins rondes en pleine cure d’amincissement à Brides-les-Bains. Et vous, comment assumez-vous vos rondeurs ?
Dans la vie, tout va bien. Je n’ai aucun problème à me mettre en bikini à la plage, même à paillettes ! En revanche, c’est le monde du cinéma qui m’a donné des complexes. Dans les castings, on me disait souvent « si tu perdais dix kilos, tu pourrais décrocher le rôle ». On m’a fait comprendre qu’avec mon corps, je ne fais pas rêver.
Quel serait le message du film ?
Le message du film de Charlotte n’est pas de s’assumer en tant que grosse. D’ailleurs, ce n’est pas un film à message, il dénonce simplement des faits. Il ne s’agit pas de faire l’apologie de l’obésité comme c’est parfois le cas dans les médias en ce moment. Quand on touche à la santé, on ne peut pas donner dans ce type d’’encouragement. Ces femmes ont des soucis d’articulation, de cœur... Et quand une personne est en surpoids, elle vit vingt à trente ans de moins qu’une autre.
Avec Mince Alors ! êtes-vous devenue calée  dans ce domaine ?
Non, j’ai des problèmes de poids depuis très jeune. Je connais tous les régimes. Ma force dans le film, c’était justement de bien connaître le sujet. Je pourrais même ouvrir un cabinet de diététique !
C’est prévu pour quand ?
Ah, si ça ne marche pas pour moi en tant que comédienne, je me reconvertis en diététicienne (rires).
Pourquoi avoir choisi ce film pour vos débuts au cinéma ?
Ce n’est pas moi qui ai choisi le film, mais l’inverse ! Je n’ai pas encore le luxe de pouvoir choisir mes films. J’ai été repérée au Théâtre du Temple. Depuis plus de deux ans, Charlotte de Turckheim ne trouvait pas de comédienne pour interpréter le personnage de Nina parce que les actrices rondes et jolies, ça n’existe pas. Et celles qui le sont ne le demeurent pas longtemps, car happée par le système, elles sont immédiatement formatées.
Qu’est-ce qui vous a touché dans ce scénario ?
J’ai eu une petite hésitation quand Charlotte m’a expliqué qu’il s’agissait d’une comédie sur le corps. Je me suis dit « on va me mettre dans une case je ne vais jamais m’en sortir ». Je pensais qu’une comédie sur les gros dans une cure thermale, ça allait être « camping chez les gros à la Franck Dubosc ». J’ai lu le scénario et j’ai découvert les personnages de Catherine Hosmalin qui campe une femme obèse et Victoria Abril devait incarner une femme mince et névrosée. Et j’ai réalisé que le problème de mon personnage était bien plus global. Ces femmes ont surtout besoin de se débarrasser d’un poids psychologique. Le film est une comédie sentimentale. Victoria Abril appelle ça « un drame marrant ». La subtilité du film et l’écriture m’ont touchées. J’ai immédiatement ressenti une empathie pour chacun des personnages, même pour celui de Victoria Abril alors qu’on la voit se tirer la peau du ventre pour dire « si, si je suis grosse regardez, j’ai un bourrelet » et tu as juste envie de la baffer. Mais au fil du récit, tu te rends compte qu’elle a une histoire à régler avec son enfance et son image. J’étais agréablement surprise par les personnages et très touchée par leur passé psychologique.
Qu’avez-vous mis de vous dans ce rôle ?
Mon cul, mes cuisses, mon ventre ! (rires) Nina me ressemble dans sa relation avec elle-même et son problème de confiance en soi. Ce que je n’ai pas eu trop de mal à traduire… Il y a une scène où Victoria Abril pointe cette fragilité. Elle me dit que mon mari ne croit pas en moi, que personne ne croit en moi, même pas moi-même. Et là, je me suis sentie touchée personnellement. J’avais l’impression que Victoria Abril ne parlait plus à Nina, mais à Lola Dewaere. Pour le reste de son caractère, on ne se ressemble pas du tout. Contrairement à elle, je ne suis pas du tout du genre à me laisser marcher sur les pieds. Un homme ne me mènera jamais par le bout du nez. Les fragilités psychologiques du personnage n’ont rien à voir avec les miennes et c’est donc là-dessus que j’ai travaillé.
Sur la confiance en soi, qu’avez-vous appris de ce film ?
Rien. C’est tellement plus fort que tout. Quand tu n’as pas confiance en toi, ce n’est ni un film, ni un rôle qui va éradiquer ce sentiment. Je ne me sers pas du tout de ce métier comme thérapie. En revanche, le manque de confiance me ferme des portes. Je suis arrivée sur plateau du film de Charlotte en ne connaissant rien au cinéma. Quand on parlait de « combo », j’imaginais un légume. Je me suis beaucoup renfermée sur le tournage. Parce que je me concentrais beaucoup sur le personnage et comme je jouais vraiment sur ses failles, ça rejaillissait même hors tournage. Mais aussi du fait de ma timidité. Je suis très timide avec les inconnus. Et lorsqu’il y avait des petites fêtes, je n’y allais pas parce que je ne connaissais personne. Les gens ont parfois pensé que j’étais très hautaine et que je les snobais, signe que le manque de confiance peut générer des choses très négatives.  
Pourquoi avoir attendu aussi longtemps pour vous assumer comme comédienne ?
Je suis allée au cours Florent en 97-98, poussée par ma mère qui voyait bien que je mourrais d’envie de faire ce métier depuis toute petite. J’ai vite arrêté parce que je ne voulais jamais passer sur la scène, je restais toujours au fond de la classe tellement j’étais timide. Autant dire que ça a été un vrai cauchemar ! A la fin de cette année-là, en plein mois d’août, j’ai eu un très grave accident de voiture qui m’a abîmée physiquement, on ne savait d’ailleurs pas si j’allais remarcher, et notamment au niveau du visage. J’ai dû porter un appareil amovible avec des fausses dents… Ce fut très long pour redevenir moi-même. Un épisode qui en a remis une couche sur le manque de confiance en moi ! En plus, j’avais des problèmes de poids et je pensais sincèrement que je n’étais pas assez jolie pour être comédienne. Elles étaient toutes filiformes et en majorité blondes. Pour couronner le tout, j’étais persuadée que je n’avais pas de talent et que rien n’y changerait même si je prenais tous les cours de la Terre.
Vous avez dit de votre père que vous êtiez son portrait, comment vivez-vous cette filiation ?
J’évoquais surtout le physique. Je vis très bien cette filiation. Pendant longtemps ça n’a pas été le cas. Depuis une dizaine d’années, je l’assume totalement. Parfois on me demande pourquoi j’ai choisi de garder le nom de mon père pour entrer dans le cinéma. Mais moi je suis très fière d’être la fille de Patrick Dewaere et puis je ne vais pas cacher que mon nom m’ouvre des portes plus facilement, d’autant que j’arrive tard dans le métier. Si j’ai pu avoir des rendez-vous plus vite que d’autres, j’en remercie mon père. En revanche, une fois sur les castings, je suis à la même enseigne que tout le monde. Ca fait cinq ans que je suis dans la même agence et les directeurs de castings ne m’ont jamais embauchée parce que je m’appelle Lola Dewaere.
Votre envie de cinéma vient de ses films ?
Pas du tout. J’ai eu envie de cinéma dès l’enfance et cette envie est profondément ancrée dans mon caractère. Plus globalement, j’ai toujours développé tout ce qui était artistique. A l’école j’étais nulle en tout sauf en dessin, français et histoire. Je voulais faire l’école de la bédé à Angoulême. Je passais mon temps à dessiner des cases en cours. Donc ça ne vient pas de mon père. En outre, j’ai découvert ses films tard car ce n’est pas un cinéma pour les enfants. Et honnêtement, je ne suis pas une grande fan des films de mon père. D’autres comédiens/comédiennes m’ont davantage donné envie de faire du cinéma. Il n’y a pas eu de transmission au niveau cinématographique.
Ah bon ?!
Et oui, je déçois les gens (rires). Mais bien sûr quand je vois ses films je me dis « ce mec a quelque chose », il est vraiment fort. Il me perturbe. Au-delà du fait que ce soit mon père. De toute façon, je ne le connais pas comme étant mon père mais comme vous, c’est d’ailleurs très étrange (Lola n'a pas connu son père, ndr)
Le film évoque les rondeurs des femmes et la façon dont elles s’assument avec. Vous avez travaillé dans la mode, quel regard portez-vous sur les dikats de la mode ?
J’ai eu l’occasion d’assister à des défilés. Je trouve ça étrange de voir des fills défiler comme des échassiers. Cela me paraît artificiel. Ces filles toute maigres avec leurs mollets épais comme mes avant-bras… J’ai l’impression que nous ne supportons plus le milieu, mais que l’on met en exergue des gens presque anorexiques ou alors obèses. Dans les médias, tout est retouché. Même si la fille est fine est jolie, on va quand même lui affiner sa taille pour qu’elle fasse un 36 plutôt qu’un 38. Bref, je ne comprends pas pourquoi on travestit à ce point le corps de la femme.
Comment avez-vous supporté ce job alimentaire dans la mode ?
Je me sentais comme une grosse derrière un comptoir.
Je me souviens qu’une personne m’a d’ailleurs dit un jour que j’étais jolie mais trop grosse et que je devais maigrir. Mais comme j’avais l’habitude de voir des filles hyper maigres arriver en casting, mon regard s’est habitué à ce type de silhouettes. Et j’arrivais à trouver ces filles belles. Je pense que les gens de ce milieu sont lobotomisés par les images qu’ils voient à longueur de journées. Même moi je me suis faite avoir et je trouvais une fille qui entrait dans un 34, gracieuse.
Oui et surtout ce que l’on ne dit pas, c’est que ces filles ont 16 ans et l’image produite est vendue pour un public féminin d’une trentaine d’années.
Récemment, il y a d’ailleurs eu une polémique avec une marque qui faisait campagne avec des gamines très maigres.
D’où vient votre manque de confiance en vous et comment le gérez-vous ?
Ca remonte à loin. Je suis issue d’une famille où la réussite scolaire était très importante or moi j’ai toujours eu des difficultés à l’école. J’ai été élevée par des grands parents brillants. Mon grand-père sortait de Centrale et ma grand-mère était directrice d’école. A leur grand désespoir, eux qui m’imaginaient déjà normalienne ou grande actrice sortant du Conservatoire ou de la Comédie Française, je n’ai pas pris ce chemin-là. Du coup, je me suis sentie très peu performante et, sans les en blâmer, ça a contribué à ce manque de confiance. Un sentiment renforcé par ce corps différent que je trimballe depuis l’âge de 10 ans. J’ai eu le droit aux railleries de mes camarades de classe. En plus, j’étais plus grande que les autres alors fatalement je sortais du lot, à une période où tu as surtout envie de te fondre dans la masse. Ce que je n’ai jamais réussi à faire. Sans compter que j’étais la fille de… Donc ça chuchotait en permanence autour de moi.
Un jour, je rentrais à vélo et j’ai vu des têtes sortir d’une porte en chuchotant « regardez, c’est la fille de Patrick Dewaere ». Moi j’ai pensé « mais mon Dieu qui est mon père pour qu’on ouvre une porte et que l’on montre du doigt depuis le pallier ». Je suis rentrée à la maison et j’ai fondu en larmes. Mon grand-père m’a rassurée en me disant que je n’avais pas à avoir honte de mon père, qui n’est ni Hitler, ni Papon, mais en être fière au contraire, et que les gens se comportaient ainsi par curiosité.
Comment surmontez-vous cela ?
Je suis quelqu’un de bout en train donc je passe beaucoup par le rire.
C’est une thérapie.
Exactement. Je me cache aussi. J’ai tendance à beaucoup me maquiller, à changer fréquemment de couleur de cheveux. La transformation physique me sert de carapace. Durant le tournage, j’étais très angoissée parce que je n’étais presque pas maquillée, juste à peine pour éviter les brillances sur les ailes du nez. Côté chevelure, idem. C’était ma couleur naturelle alors que moi je me prends quand même pour une latino. J’aurais rêvé avoir les cheveux noirs et la peau bronzée. Je me trouvais tellement moche sur le plateau. Je me disais « on va me voir comme ça, je ne vais jamais rebosser ». Dans la loge, avant d’aller tourner une scène, je me trouvais si moche que j’allais me mettre du blush en douce dans les WC, mais bien sûr, les maquilleuses me grillaient. Je sortais à peine des toilettes qu’elles me disaient « qu’est-ce que tu as fait à ton visage ? ». Moi je répondais « rien ». Impossible de la leur faire ! Elles me démaquillaient illico ! Quand je me suis vue à la projection comédien, j’ai trouvé que sans UV, sans maquillage et avec ma vraie teinte de cheveux, j’étais finalement pas mal. Donc, la perception que j’ai de moi est en train d’évoluer.
Que retenez-vous de cette première aventure cinématographique ?
C’est une confirmation dans la foi en ce métier. Je sais que je veux vraiment faire ça. L’année dernière j’ai joué dans une pièce La biscotte, au Théâtre Le Temple, à Paris. C’était davantage un challenge. Je voulais voir si j’étais capable de tenir le coup sur scène.
Comment le public accueille-t-il le films durant la tournée des avant-premières en France ?
Les gens adorent. Les gens nous adorent. Et moi, ils ne me connaissent pas et m’aiment déjà. Il y a une telle charge émotionnelle ! J’ai l’impression de recevoir une balle d’une tonne d’amour et de la renvoyer au public. Parce qu’évidemment, c’est quelque chose qui se partage. Ca c’est pour les sentiments personnels. Quant au film, il plaît beaucoup. J’avais peur que le film ne cible qu’un public niche : les gros. Et en fait, j’ai vu toute sorte de public. Les gens en sortent contents. Je me dis aussi qu’ils ne vont pas manifester leur éventuel mécontentement après une avant-première. Mais ils ne s’en vont pas. Ils restent pour discuter du film, c’est plutôt bon signe. Ca peut être aussi pour voir les comédiens en vrai. Donc on ne saura vraiment que le 28 mars. Pour l’instant ça se passe très bien.
Le rôle que vous rêvez d’incarner ?
Question difficile. J’ai des envies multiples. Je rêve d’un rôle de scientifique à la Gorilles dans la brume, le récit de Diane Fossey (interprétée par Sigourney Weaver dans le film éponyme, ndr) qui a vécu presque quinze ans avec les gorilles. J’aimerais incarner ce type de rôle dans un biopic.
Avez-vous des projets à venir ?
J’attends des réponses pour d’éventuels films dont j’ai passés les castings. Et avec des amis, on monte une pièce de théâtre. C’est une création. Nous sommes d’ailleurs à la recherche d’un producteur pour ce projet. 

Mince Alors ! Sortie le 28 mars 2012 au cinéma. 

vendredi 9 mars 2012

LE DICTIONNAIRE DEGLINGUE DE SONIA RYKIEL

Lorsque la créatrice a sorti son Dictionnaire déglingué chez Flammarion, la planète mode était en émoi. C'était là d'un témoignage d'une grande dame de la mode, à la fois drôlée, décalé et informatif, à l'instar de Sonia Rykiel. Comme je voulais en savoir davantage sur le livre et le personnage emblématique qui se cache derrière nos berets, petits pull rayés et robes en jersey, j'ai décidé de poser quelques questions à une personne très proche d'elle, Vivien Boyer, l'attaché de presse du livre.
Il nous dit tout !
Comment le Dictionnaire déglingué est-il né ?
Sonia Rykiel est une amoureuse des mots, elle joue avec eux, aime le mystère. La forme courte lui convient parfaitement. Ce dictionnaire semblait une évidence.
Pouvez-vous me raconter votre rencontre avec Sonia Rykiel ?
J'ai eu le privilège et l'honneur de rencontrer Sonia Rykiel chez elle dans son magnifique appartement de la rue des Saints-Pères. L'endroit est magique "au dessus du ciel" avec de grandes bibliothèques, les célèbres portraits de Sonia par Warhol et de nombreux dessins et tableaux. Une harmonie règne dans ce cadre très feutré, cosy où le noir et le rouge dominent.
Quelles sontvos impressions sur cette grande dame de la mode ?
La séduction et la grâce n'ont pas d'âge. Madame Rykiel l'illustre parfaitement. J'ai découvert une femme très élégante en robe noire, pieds nus, avec de superbes bijoux et sa mythique chevelure rousse.
A-t-elle été différente des autres auteurs dont vous vous occupez habituellement ?
Sonia Rykiel écrit depuis très longtemps, elle met des livres dans ses vitrines et la littérature est essentielle pour elle. Je crois qu'il était important qu'elle soit reconnue comme un auteur et non une créatrice de mode qui fait des livres.
Quel plaisir vous a donné le fait de vous occuper de cet ouvrage en particulier ?
Un plaisir de l'entendre pendant les entretiens, l'écouter avec délice sur la mode, sur ses rencontres, sa passion pour la création ou encore le dessin. elle a toujours du papier et ses crayons à porter de mains pour dessiner, écrire c'est une artiste complète.
Comment a réagi la presse ?
La presse fut superbe. Bien entendu, la presse mode très présente comme les féminins mais nous avons euaussi de beaux papiers littéraires sur son style. Je me souviens d'une rencontre magique avec Thierry Clermont du Figaro littéraire il y avait une belle alchimie entre eux. Je ne pouvais pas me résoudre à couper l'échange tellement c'était passionnant.
Comment décrivez-vous Sonia Rykiel en 5 mots ?
Elégance, Séductrice, instinctive, poésie, Absolu.
Une anecdote ?
Lors de ma première rencontre avec elle nous étions dans son salon, elle assise sur son fauteuil avec les deux superbes tableaux de Warhol derrière elle et moi sur le canapé et face à cette légende je me suis dis que je n'étais pas mécontent de faire ce métier.

***** En ce jour d'août 2016, j'actualise cet article pour m'associer à la peine des proches de Sonia Rykiel que nous garderons dans nos coeurs éternellement*****

jeudi 8 mars 2012

ARNAUD PAGES AU COLETTE CARNAVAL

Arnaud Pagès a commis bon nombre de visuels parfois drôles, parfois drôles et effrayants, avec sa patte très "street art". Il est à l'origine d'une série flippante sur des serial killer pour la marque Kulte, de monstres en tous genres, d'icônes de la musique... J'ai d'ailleurs été ravie de l'exposer dans l'exposition que j'ai conçue sur Lady Gaga en 2010. Voici l'illustrateur de retour avec un fauteuil improbable : le Yeti project. Une très belle collaboration avec Jeux de Lin présentée ce wekk-end lors du Colette Carnaval pour les 15 ans de mon concept store parisien préféré. A cette occasion, je me suis entretenue avec Arnaud.

Comment ce Yéti project est-il né ?
Il est né avant tout de mon envie de faire quelque chose de nouveau avec mes dessins. Depuis longtemps, j'ai envie de diversifier mon travail et de m'attaquer à un projet qui soit en 3 dimensions. J'ai été contacté par Jeux de Lin, ils sont tapissiers et décorateurs. Ils m'ont proposé de monter un projet avec eux, et très vite on est partis sur l'idée de faire un fauteuil.
D'où vient votre intérêt pour le Yéti ?
Et je suis fasciné depuis longtemps par ce personnage du Yéti. Donc c'était l'occasion de faire quelque chose autour de ce thème. Ça remonte à très loin, à ma lecture de Tintin au Tibet quand j'avais 6 ou 7 ans. Mais d'une façon plus générale, j'ai toujours été fasciné par ce genre de légendes, le Monstre du Loch Ness, le grand serpent de mer, par exemple aussi. Ce qu'on appelle la "cryptozoologie". Et puis j'ai également été fasciné par les dinosaures. Donc ce thème du Yéti est venu comme ça, en remontant mes souvenirs d'enfance.
Avez-vous déjà réalisé des collabs en design ?
Non, c'est la première fois que je faisais une collab' en design. J'ai fais beaucoup de collabs en textile, avec différentes marques, mais en design c'est une première.
Comment s'est passé votre collab : vous avez choisi le fauteuil, soigné les détails  ?
Disons que j'ai avant tout fait ce que je sais le mieux faire : un dessin. A partir de ce dessin, du thème et également des couleurs que j'avais choisi, Jeux de Lin a fait le reste. Choix des matériaux, et des couleurs des tissus... Donc c'est une vraie collaboration dans le sens ou ils ont amené leur touche créative. Ils n'ont pas simplement produit le fauteuil, ils y ont rajouté leur univers.
Vous le voyez dans quel type d'intérieur ?
Dans toutes sortes d'intérieurs. C'est à la fois un fauteuil très moderne, mais avec un cachet un peu ancien. Il est à la fois "classe" mais aussi très graphique, chaleureux tout en étant trendy. Du coup, il peut s'adapter à toutes sortes d'intérieurs et de décors.
Comment ce fauteuil se retrouve-t-il dans le Carnaval de Colette et quels jours peut-on le voir et comment sera-t-il présenté ?
J'avais déjà travaillé avec Colette par le passé, et quand je leur ai proposé mon fauteuil ils ont tout de suite voulu que je participe au Carnaval de Colette, qui marque les 15 ans du plus célèbre des concept store parisien. C'est un grand honneur pour moi de me retrouver aux côtés de marques et de créateurs internationalement connus ! Nous avons un stand "Yeti Project" avec pleins d'animations et de surprises. Donc n'hésitez pas à venir samedi 10 et dimanche 11 mars 2012 aux Tuileries entre 12h et 18h. L'entrée est gratuite en plus.
Le fauteuil sera-t-il ensuite proposé à la vente chez Colette ?
Je ne sais pas encore. En tout cas il est possible de l'acheter ce week-end là, ainsi que les coussins d'ailleurs (et de le commander sur le site de la marque, ndr).
Votre prochain challenge ?
Ce que j'aimerais c'est pérenniser ma collaboration avec Colette et travailler avec eux sur la durée. Donc créer une vraie collaboration et une vraie présence de mon travail chez eux. Ainsi que dans les autres concept stores du même niveau dans le monde. C'est plutôt un bon challenge.
Fauteuil : 2600 €
Coussins : entre 60 et 90 €

mercredi 7 mars 2012

La Forget List


La Fashion Week 2012 quitte la vie parisienne. Voici cette dernière voguant vers un retour à sa douce monotonie. En guise de transition, je vous propose une dernière folie : la « Forget List » (la liste cauchemar). En principe, on élabore, fous de fantasmes tels des gosses au pied du sapin, une « wish list » d’objets de rêve. Tellement ennuyeux ! J’ai donc décidé de prendre le contre-pied de cette tradition marketale, histoire de rendre l’exercice amusant (et d’élargir mon cercle d’amis dans le Luxe, cela va de soi). 
1. La J12 blanche de Chanel
La Chrono en céramique sent le plastique à plein nez ! Pourtant la montre a été créée par un homme fort talentueux, Jacques Helleu, qui a d’ailleurs introduit la marque dans l’univers de l’horlogerie. Fin connaisseur de l’esprit Chanel pour y avoir travaillé pendant plusieurs décennies, il a voulu une montre à la fois sportive et innovante. Mais, la J12 blanche fait ultra toc. Et jure avec le principe même de féminité, ainsi qu’avec l’ensemble d’une garde-robe. Qui se l’arrache ? Les wannabe fashionistas en mal de goût. Si dommage ! Alors que Chanel propose des sacs, des tailleurs et des sautoirs si fabuleux… Préférez plutôt une belle montre en plastique véritable. Nixon en fait de très jolies.
2. Les montres Rolex
La marque souffrait déjà d’un manque de hype certainement lié à l’excès de son succès auprès d’hommes trop « gourmette-chewing gum ».  Et Jacques Séguéla s’est chargé de lui offrir une seconde jeunesse de vulgarité, avec son célèbre « si à 50 ans, on n’a pas une Rolex, on a raté sa vie. » Un côté bling-bling pas vraiment attrayant qui donne envie de ne pas « réussir » notre vie pour éviter la Rolex à tout prix. On préfère de loin une Reverso de Jeager-LeCoultre au poignet d’un homme !
3. La Trinity de Cartier
La marque aux deux C entrelacés s’est rendue accessible grâce à la bague aux trois anneaux et aux trois ors (rose, jaune, gris). Très accessible, trop accessible. Hommage à l’Art déco à l’origine, la Trinity est devenue une déco fade à la main de femmes en mal de séances d’UV. Quitte à porter un classique de Cartier, on opte plutôt pour la Panthère, voyante certes, mais infiniment plus racée. Pour des femmes avec une vraie personnalité !
4. La French Manucure sur ongles carrés et si possibles, longs
Véritables prolongement de la féminité, mains soignées et jolis ongles sont de rigueur. La french manucure (vernis blanc en bout d’ongle, vernis chair sur l’ensemble de l’ongle, couche fixateur brillante) sur ongles carrés et longs donne l’effet inverse de celui escompté. Exit donc l’effet propre et naturel de la "french", on se retrouve face à une femme armée, prête à griffer et surtout qui ne connaît pas cette invention si moderne qu’on appelle « paire de ciseaux ». La méthode est en revanche à adopter sur des ongles courts et arrondis.
5. Le Monogramme vernis de Louis Vuitton
Impossible à porter. Le côté aveuglant et « je détourne vite le regard » est certainement dû au cumul des mandats « lourdeur du monogramme » et « brillance en overdose ». C’est comment dire, un peu comme un gloubiboulga à la choucroute.  L’aspect sac en plastique Monoprix donne des envies fulgurantes de minimalisme. Une petite pochette noire peut-être ?
6. Une (mauvaise) copie d’artiste qu’on aime tant
Avoir l’inspiration et créer un concept d’art, ça vient de loin, ça vient du tréfonds de l’âme, avec une belle marge de conviction. A priori, c’est cela qu’on aime dans l’art. Alors quand un mariole se pointe avec une copie, et en plus non conforme, et ses kilos d’espoirs de grande rentabilité, on a qu’une envie : lui botter le derrière et l’expédier au-delà de la stratosphère. Si ce n’est pas un « tribute » (hommage) de sa part, ça devient un « tu me buttes ? ». Les exemples sont multiples (voir photo ci-dessous). Prenons-en un, celui de cette insupportable peintre qui tente de voler la légendaire sculpture du LostDog, le chien perdu d’Aurèle dont l’histoire nous a tant touchée depuis sa naissance à NYC dans les années 80. Au jeu des 7 erreurs entre original et copie, on trouve notamment le manque d’âme de l’intrus, des yeux de veau et des trous de nez plus dangereux qu’une saison de Secret Story pour le cerveau humain. Que diable Arietti (l’auteur du monstre), achète-toi donc une idée au lieu de la voler ! Et surtout, continue à peindre, ça nous fera des vacances.
7. Le film franchement raté d’un livre qu’on a dévoré
Avoir tant de talent et venir se gâcher contre une pellicule de film, si c'est pas malheureux. En tout cas, cest tout l’art de Frédéric Beigbeder. Non content de nous avoir offert de merveilleuses pages pour L’amour dure trois ans, le publiciste nous jette au visage un long métrage insensé, ni drôle ni rien, même pas mi-figue mi-raisin, avec une fin tragique de ridicule, et dont on ressort vide et hagard. Pourquoi nous infliger tant de douleur alors qu’on s’est pacsé à la littérature de Beigbeder depuis cet ouvrage qui nous a ému et amusé ? #Enviededivorcelittéraire. Gens, sortez vos piquets, on demande à être remboursés.
8. La Bugatti Veyron
Elle est belle, certes, la Bugatti Veyron. Après tout, c’est une Bugatti. Alors on a presque envie de s’incliner et de céder au rêve de la garer dans son parking à la place de sa Renault d’occase. Mais non. Crions plutôt: « Bugatti, ne vois-tu pas les yeux de ta chère planète pleins de larmes ? » En effet, après enquête de l’Agence de la Proctection pour l’Environnement américaine, la Veyron a été désignée comme le voiture la plus polluante au monde en 2010. Elle peut donc s’enorgueillir d'avoir décroché la palme loin devant ses copines bien sexy mais polluantes ( Dodge Viper, Bentley Continental GTC, Rolls Royce Drophead). Remercions Bugatti de n’en avoir créées que quelques centaines d’exemplaires. Mais comment faire comprendre à la marque que nous sommes désormais en pleine ère green ?
9. La Nike Air Jordan 
Et surtout la 11 Retro Concord. Mourir pour un paire de baskets ? Même pas en rêve. Une basket capable de générer des émeutes et de tuer des individus ne peut que finir à la benne. Surtout si elle est à l’effigie de Michael Jordan, héros du basketball entre tous ! La coolitude légendaire du « jumpman » en prend un coup.
10. La phrase esthétique ridicule
Tu aimes l’acide hyaluronique ? Assume ! Exit la phrase qui fait rire tout le monde « je sors de chez le dentiste » alors que tu as les lèvres gonflées comme des pneus Goodyear tout droits sorti de la chaîne de production. Ou une bouche totalement inexpressive et ton sourire inexistant. Tu te la joues Emmanuelle Béart avouant, 15 ans  trop tard, avoir touché à la chirurgie esthétique pour ses lèvres, mais c’est ridicule. Autant éviter de toucher à ta bouche parce que le résultat vulvaire est souvent laid ou alors il faut carrément assumer… parce que lis bien ces mots : ça se voit ! "Coin, Coin" #ducklips.

mardi 6 mars 2012

JEAN-CHARLES DE CASTELBAJAC F/W 2012


Créateur de mode, designer de mobilier, artiste et auteur, Jean-Charles de Castelbajac, que l’on surnomme affectueusement JCDC à l'instar de sa ligne bis, exprime au fil des décennies et grâce à ses nombreux talents, sa personnalité pop moderne. Pourtant, bien que poétique, la collection A/H 2012 présentée à l’Oratoire du Louvre par Jean-Charles de Castelbajac semble moins pop. Elle est authentique, plus "sentie". Point d'icônes de dessin animé ici. Les notes de couleurs primaires qui font la patte de Monsieur, toujours présentes, laissent place à une sorte de conte sombre, évoquant l’épopée d’un aigle noir (et d'un hibou évoquant l'aspect nocturne du rapace) au cœur du Grand Nord. Côté coupes et matières à base de cachemire, déclinaisons de soie, agneau plongé, tweed…, la collection monte en gamme. L’histoire, quant à elle, nous est narrée par une femme métamorphosée, au visage orné de plumes de corbeau, si dark et mystérieusement belle. Des rapaces majestueux se sont posés sur les frêles épaules de la femme de l’hiver prochain. Ils s’impriment et se déploient sur soie, notamment. Du noir partout ? Point trop n'en faut. Black is Black mais il y a de l'espoir ! Les notes colorées présentes se font plus spirituelles sur un robe vitrail ou mystiques sur une robe totémique. L’histoire évolue ensuite vers une source de chaleur avec une femme volcan au col cratère, en jacquard de soie. Mais sans musique que serions-nous ? Jean-Charles de Castlebajac semble répondre avec un élan rock’n’roll par un imprimé K7 audio (l’ancêtre du MP3 et du CD) adorablement traité en motif tribal pour la petite touche décalée que l’on aime tant. De l’art d’étonner. Et qui dit hiver, dit froid. Pas tant... avec des manteaux et tailleurs de laine, des ponchos, et autres kabigs empruntés aux marins bretons…  Le tout présenté dans un cadre sacré et le très en vogue Woodkid accompagnant de sa voix chaude et claire le cortège cérémoniel des mannequins. Un beau spectacle et une collection à la hauteur de ce lieu solennel et magistral. Le ton est donné, le charme opère, on espère vite le prochain hiver et sa collection sur la lignée...
Stylist, designer of furniture, artist and author, Jean-Charles de Castelbajac, whom we nickname affectionately JCDC, expresses through the decades and thanks to his numerous talents, his pop modern personality. Nevertheless, and even if it is still so poetic, the F/W 2012 collection presented at the Oratoire du Louvre by Jean-Charles de Castelbajac appears to be less pop, very authentic, more "felt" than ever. No more cartoon heros here. The notes of primary colors which make Monsieur's signature, always present give a part to a kind of dark tale, evoking the epic of a black eagle and his friend the owl, in the heat of the Big North. Great cuttings and perfect materials : cashmere, silk declensions, plunged lamb, tweed. The collection rises in range. The story, kind of dark fairytale is told to us by "another" woman, with the face decorated with feathers of crow, so deep and mysteriously beautiful. Majestic birds of prey settled on the frail shelders of the woman of the next winter. A black "all over" ? Of course not (see my pictures). The sprinkled colors are treated differently, in a spiritual way on one dress or on a kind of totemic dress. Then, the story evolves towards a source of heat with a woman volcano with a crater collar, silk made. But without music what life would be? Jean-Charles de Castlebajac answers with a rock 'n' roll wink  through a special cassett print (the ancestor of the MP3 and of the CD) delightfully treated in a tribal motive. Special touch ! The art to amaze... And who thinks of wintertime, think of cold cold. Not so much... with coats and woolen suits, ponchos, and some kabigs, a piece extraced from the Britton sailors. The whole show presented in a sacred place, with the warm voice of the very fashionable Woodkid following the ceremonial procession of the models. A beautiful show and a peak collection in a spiritual place. How can we make next winter come faster ?!
JC DE CASTELBAJAC
61, rue des St Pères
75006 Paris
Tél : 09 64 48 48 54